Un indicateur qui compte des entreprises, pas des cargaisons
Les statistiques d’importation sont souvent commentées à partir de la valeur des marchandises échangées. Les données disponibles ici permettent d’adopter un autre angle : observer combien d’entreprises participent directement aux importations et distinguer les biens des prestations autres que les biens.
Pour l’exercice 2023, le nombre total d’entreprises important des biens s’établissait à 8 415. Lorsque le champ inclut à la fois les biens et les importations autres que les biens, il atteignait 9 839 entreprises pour l’exercice 2023. L’élargissement du périmètre fait donc apparaître des sociétés absentes d’une lecture limitée aux flux matériels.
Cette différence est importante pour comprendre l’internationalisation des entreprises. Une société peut avoir une relation économique directe avec l’étranger sans recevoir de composants, de machines ou de produits destinés à la revente. Les paiements liés à des services achetés hors du pays appartiennent eux aussi à l’organisation internationale de l’activité productive.
Les principaux résultats
| Périmètre observé | Ensemble des secteurs | Industrie manufacturière |
| Entreprises important des biens, exercice 2023 | 8 415 entreprises | 5 022 entreprises |
| Entreprises important des biens ou des éléments autres que des biens, exercice 2023 | 9 839 entreprises | 5 333 entreprises |
Le tableau met en évidence deux caractéristiques. D’une part, l’industrie manufacturière occupe une place importante parmi les importateurs de biens : 5 022 entreprises manufacturières étaient concernées pendant l’exercice 2023, sur un total de 8 415 entreprises pour le même exercice. Cette configuration est cohérente avec le rôle des achats matériels dans la production, qu’il s’agisse d’intrants, d’équipements ou de produits intermédiaires.
D’autre part, le passage au périmètre élargi ne modifie pas de la même manière l’image de l’industrie manufacturière et celle de l’ensemble des secteurs. Dans l’industrie manufacturière, le nombre passe de 5 022 importateurs de biens pendant l’exercice 2023 à 5 333 importateurs de biens ou d’éléments autres que des biens pendant l’exercice 2023. Pour l’ensemble des secteurs, il passe de 8 415 à 9 839 entreprises pendant l’exercice 2023.
Sans attribuer automatiquement chaque différence à une activité particulière, ce contraste suggère que la dimension non matérielle des importations est plus visible lorsqu’on considère toute l’économie. Les secteurs qui ne reposent pas principalement sur la transformation de matières ou l’assemblage de produits peuvent entretenir des relations internationales par l’achat de prestations, sans apparaître parmi les importateurs de marchandises.
Pourquoi le périmètre statistique change le récit
Une statistique consacrée uniquement aux biens répond à une question précise : combien d’entreprises font directement entrer des objets économiques dans leur chaîne d’approvisionnement ? Elle est particulièrement utile pour étudier la dépendance aux fournitures étrangères, l’organisation des achats industriels ou l’exposition des producteurs aux circuits logistiques internationaux.
Le périmètre combinant biens et éléments autres que les biens répond à une question plus large : combien d’entreprises effectuent des achats internationaux, quelle que soit la forme matérielle ou immatérielle de ces achats ? Cette seconde mesure décrit mieux l’étendue des relations commerciales directes des entreprises, mais elle ne doit pas être confondue avec le seul commerce de marchandises.
Les deux indicateurs ne se contredisent donc pas. Ils éclairent des couches différentes de l’activité. Le chiffre de 8 415 importateurs de biens pendant l’exercice 2023 décrit le noyau matériel des achats internationaux. Celui de 9 839 entreprises dans le périmètre élargi pendant l’exercice 2023 révèle un espace plus vaste, dans lequel les échanges non matériels comptent également.
Une lecture utile au-delà du cas japonais
Cette distinction concerne toute comparaison internationale. Les économies ne répartissent pas de la même façon leurs activités entre industrie, commerce et services. Comparer uniquement le nombre d’importateurs de biens peut ainsi donner l’impression qu’une économie est moins intégrée aux échanges, alors qu’une partie de ses entreprises achète directement à l’étranger sous une forme non matérielle.
À l’inverse, additionner sans précaution les entreprises important des biens et celles ayant d’autres paiements internationaux peut masquer les contraintes spécifiques au transport, au stockage ou à l’approvisionnement physique. La bonne question n’est pas de choisir un indicateur unique, mais d’identifier celui qui correspond au phénomène étudié.
Pour analyser les chaînes de production, la mesure centrée sur les biens reste essentielle. Pour décrire la diffusion des relations commerciales internationales parmi les entreprises, le périmètre élargi apporte une information supplémentaire. La comparaison entre 5 022 entreprises manufacturières important des biens pendant l’exercice 2023 et 5 333 entreprises manufacturières relevant du périmètre élargi pendant l’exercice 2023 montre précisément pourquoi ces deux lectures doivent rester séparées.
Ce que ces chiffres ne permettent pas d’affirmer
Le nombre d’entreprises ne mesure ni la valeur des importations ni leur importance dans les achats de chaque société. Une entreprise comptabilisée parmi les importateurs peut avoir une activité internationale limitée, tandis qu’une autre peut concentrer des flux beaucoup plus importants. Plusieurs entreprises ne représentent donc pas nécessairement un volume commercial supérieur à celui d’un groupe plus restreint.
Ces données ne décrivent pas non plus, à elles seules, la nature détaillée des services achetés à l’étranger. L’écart entre le champ des biens et le champ élargi signale l’existence d’une dimension supplémentaire, mais il ne suffit pas pour en déterminer la composition.
Leur principal apport est ailleurs : elles montrent que la participation des entreprises au commerce international dépend de la définition retenue. Pour l’exercice 2023, l’image du tissu importateur japonais devient plus large dès que l’observation dépasse les marchandises. Dans l’industrie manufacturière, les biens restent au cœur de cette image ; dans l’ensemble de l’économie, les relations non matérielles rendent visible une population supplémentaire d’entreprises internationalisées.
出典
- Enquête fondamentale sur les activités des entreprises, ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, tableau 7-2 : https://www.e-stat.go.jp/dbview?sid=0004029550
- Enquête fondamentale sur les activités des entreprises, ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, tableau 7-1 : https://www.e-stat.go.jp/dbview?sid=0004029549